Une affaire à hauts risques diplomatiques vient d’agiter Dakar. Quatre militaires français, en escale dans la capitale sénégalaise, ont comparu ce mercredi 24 septembre devant le tribunal des flagrants délits. Drogue, violences, outrages et accusations de corruption : leur virée nocturne a viré au scandale judiciaire.
Une interpellation mouvementée
Les faits remontent au 18 septembre, vers 2 heures du matin. Dorian Salva, Paul Legoff, Duchel Johane et Dylan Sorha, tous membres de la Marine française embarqués sur le patrouilleur Le Vendose, ont été arrêtés dans une boîte de nuit proche du port de Dakar. Une altercation avec des policiers en civil a dégénéré, conduisant à leur interpellation puis à leur placement sous mandat de dépôt dès le lendemain.
Les quatre hommes étaient poursuivis pour détention et usage de chanvre indien, rébellion et outrage à agent, tandis que Salva et Legoff faisaient face à des accusations de violences et, pour le premier, de tentative de corruption.
Un procès sous tension
Dès leur arrestation, les marins ont été défendus par Me Ousseynou Babou, avocat au barreau de Paris. Plusieurs ténors du barreau de Dakar, dont Me El Hadji Diouf, ont rejoint la défense. L’audience s’est déroulée dans une atmosphère électrique, marquée par la présence de nombreux militaires sénégalais et par un vif accrochage verbal entre Me Diouf et le procureur, qui a conduit le juge à suspendre momentanément les débats.
Les prévenus ont unanimement nié les faits, affirmant avoir cru se défendre contre des agresseurs, ignorant que leurs interlocuteurs étaient des policiers en civil.
Le verdict du tribunal
À l’issue du procès, le procureur avait requis la relaxe pour Dylan Sorha mais demandé six mois dont trois fermes contre Dorian Salva et un mois ferme contre Paul Legoff et Duchel Johane. Finalement, le tribunal a retenu une décision plus clémente : Dorian Salva et Paul Legoff ont été condamnés à un mois de prison avec sursis, tandis que Duchel Johane et Dylan Sorha ont été relaxés.
Entre justice et diplomatie
Au-delà des sanctions judiciaires, l’affaire révèle la fragilité des relations entre Dakar et Paris sur la présence militaire française en Afrique de l’Ouest. Si l’incident a été contenu dans le cadre judiciaire, il illustre les tensions potentielles qu’un simple dérapage peut provoquer dans un contexte déjà sensible.

