Assemblée nationale, Dakar. Le projet de loi portant Code des investissements, actuellement en examen à l’Assemblée nationale, suscite déjà de vives réserves au sein de la représentation nationale. En commission, plusieurs députés ont interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur des dispositions jugées trop favorables aux investisseurs, notamment étrangers.
Les parlementaires craignent en particulier que le texte, censé moderniser l’ancien Code de 2004, n’affaiblisse la capacité de l’État à encadrer et contrôler les entreprises bénéficiaires. « Ce nouveau Code confère trop de pouvoirs à l’investisseur », ont dénoncé certains élus, redoutant une aggravation de la précarité des travailleurs sénégalais et des abus déjà constatés dans plusieurs entreprises installées dans le pays.
Responsabilité sociétale et suivi contestés
Les députés se sont longuement attardés sur la question de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Ils ont demandé si cette obligation s’imposerait réellement à toutes les sociétés, et surtout, quel dispositif contraignant existerait en cas de non-respect. Le manque de suivi, notamment en matière d’impact environnemental, a également été pointé du doigt.
Certains parlementaires ont exigé que le retrait d’agrément soit possible et rapide lorsqu’un investisseur ne respecte pas son cahier des charges, afin d’éviter des situations d’impunité économique.
Un texte « attractif », selon le gouvernement
Face à ces inquiétudes, le ministre Cheikh Diba a tenu à rassurer. Selon lui, le nouveau Code des investissements constitue « un texte important qui participe à l’attractivité de notre économie ». Il assure que la réforme vise à « corriger les manquements de l’ancien Code de 2004 » et à « améliorer l’environnement des affaires au Sénégal » tout en préservant les intérêts nationaux.
Si le gouvernement met en avant la nécessité de séduire davantage d’investisseurs étrangers pour accélérer la croissance, une partie de l’Assemblée nationale insiste, elle, sur la protection des droits des travailleurs et la souveraineté économique.
Le débat devrait se poursuivre en plénière, dans un contexte où la population attend des retombées concrètes de ces réformes sur l’emploi, la justice sociale et le développement durable.

