l y a 80 ans, le monde remportait une grande victoire dans la guerre contre le fascisme. Au prix de dizaines de millions de vies, l’humanité a écrasé les forces fascistes, défendu la civilisation humaine et, au milieu des ruines de la guerre, construit l’ordre international d’après-guerre avec les Nations Unies en son centre, dans l’espoir d’empêcher de futures calamités. Pourtant, alors que le monde célèbre le 80e anniversaire de la victoire de la grande guerre, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a choisi d’aller à contre-courant de l’histoire. S’exprimant devant la Diète, elle a établi un lien entre la « situation menaçant la survie » du Japon et une « situation d’urgence à Taiwan », laissant entendre le recours à la force contre la Chine. Ses propos ont suscité un choc et une inquiétude généralisés. Ils constituent non seulement une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine, mais aussi un défi ouvert à l’ordre international d’après-guerre, envoyant un message profondément dangereux et profondément erroné au monde entier. La conviction de tous ceux qui chérissent la paix est sans équivoque : toute tentative visant à blanchir l’histoire de l’agression, à ébranler l’ordre d’après-guerre ou à flirter avec la résurgence du militarisme est vouée à se heurter à une opposition ferme de la communauté internationale et est vouée à l’échec. La volonté du peuple chinois de préserver la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale est inébranlable, et sa détermination à défendre la victoire durement acquise de la Guerre mondiale antifasciste reste inébranlable. DES FAITS HISTORIQUES INCONTESTABLES Au musée de Nanjing, dans la province chinoise du Jiangsu (est), une horloge murale ancienne est exposée dans une vitrine, les aiguilles des heures et des minutes figées à l’heure fatidique de 9 heures. Sur le cadran, on peut lire l’inscription « Horloge utilisée lors de la cérémonie de signature de la capitulation japonaise sur le théâtre chinois ». La cérémonie de signature a eu lieu à Nanjing le 9 septembre 1945. Yasuji Okamura, alors commandant en chef de l’armée expéditionnaire japonaise en Chine, a remis à la Chine l’acte officiel de capitulation du Japon. Sept jours auparavant, sur l’USS Missouri, un cuirassé américain, dans la baie de Tokyo, le ministre japonais des Affaires étrangères de l’époque, Mamoru Shigemitsu, avait déjà signé la capitulation du Japon devant les Alliés, dont la Chine. La défaite du Japon a été un tournant historique majeur qui a conduit à l’établissement de l’ordre international d’après-guerre, qui codifie le retour de Taiwan à la Chine. Taiwan fait partie du territoire sacré de la Chine depuis l’Antiquité. Le Japon a déclenché la première guerre sino-japonaise en 1894, puis a contraint le gouvernement Qing à signer le traité inégal de Shimonoseki, qui a conduit à la colonisation de Taiwan par le Japon pendant 50 ans, le chapitre le plus sombre de l’histoire de l’île, marqué par d’innombrables atrocités. En décembre 1943, la Chine, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont publié la Déclaration du Caire, qui stipulait que tous les territoires que le Japon avait volés à la Chine, y compris Taiwan et les îles Penghu, devaient être restitués à la Chine. Le terme « restituer » signifiait à la fois reconnaître les faits historiques et revendiquer légalement que Taiwan appartenait à l’origine à la Chine. En juillet 1945, les trois pays ont signé la Proclamation de Potsdam, que l’Union soviétique a reconnue la suite. Elle réitérait : « Les termes de la Déclaration du Caire seront appliqués et la souveraineté japonaise sera limitée aux îles de Honshu, Hokkaido, Kyushu, Shikoku et aux îles mineures que nous déterminerons ». Ce document juridiquement contraignant fournissait une base juridique inébranlable pour le retour de Taiwan à la Chine. Dans ses documents de capitulation, le Japon s’engageait à « appliquer de bonne foi les dispositions de la Proclamation de Potsdam ». Le 25 octobre de la même année, le gouvernement chinois annonçait qu’il reprenait l’exercice de sa souveraineté sur Taiwan, et la cérémonie d’acceptation de la capitulation du Japon dans la province de Taiwan se tenait à Taipei. A partir de ce moment, la Chine a récupéré Taiwan de jure et de facto grâce à une série de documents ayant force juridique internationale. En octobre 1971, la 26e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté à une majorité écrasante la résolution 2758, qui décide de rétablir tous les droits de la République populaire de Chine et de reconnaître les représentants de son gouvernement comme les seuls représentants légitimes de la Chine auprès des Nations Unies. Cette résolution a réglé une fois pour toutes les questions politiques, juridiques et procédurales relatives à la représentation de la Chine aux Nations Unies, et elle couvrait l’ensemble du pays, y compris Taiwan. Elle stipulait également que la Chine ne disposait que d’un seul siège aux Nations Unies, et qu’il n’existait donc pas « deux Chines » ou « une Chine, un Taiwan ». Le principe d’une seule Chine est non seulement devenu un consensus international, mais il a également jeté les bases politiques de la normalisation des relations sino-japonaises. La déclaration conjointe sino-japonaise de 1972 stipule explicitement que « le gouvernement japonais reconnaît le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légal de la Chine » et que « le gouvernement de la République populaire de Chine réaffirme que Taiwan est une partie inaliénable du territoire de la République populaire de Chine. Le gouvernement japonais comprend et respecte pleinement cette position du gouvernement de la République populaire de Chine, et maintient fermement sa position en vertu de l’article 8 de la Proclamation de Potsdam ». Cette position a été explicitement réaffirmée dans trois documents politiques ultérieurs signés par la Chine et le Japon. Ils constituent l’engagement solennel pris par le gouvernement japonais et les obligations internationales qu’il doit remplir en tant que pays vaincu de la Seconde Guerre mondiale. Par conséquent, les déclarations provocatrices de Mme Takaichi concernant Taiwan peu après son entrée en fonction ont marqué une série de « premières » pour un dirigeant japonais depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est la première fois depuis la défaite du Japon en 1945 qu’un